Les 450-euros-jobs allemands, tant vantés par « Medef-Macron »

Les affiches 450-euros-job fleurissent dans les vitrines de boutiques de l’autre côté du Rhin.

Ils sont « le modèle allemand » qui nous est vendu dans ce contexte de casse du CDI, et qui guide la nouvelle Loi travail.

-Les contrats :

Ces contrats consistent , à temps partiel , à 50 heures par mois maximum,pour un SMIC, pour un montant de 8,84 euros l’heure (en France c’est 9,76 euros/ heure) .

Ils sont sans cotisations sociales obligatoires ,pour le salarié.

L’employeur règle une misérable cotisation forfaitaire variable de 31,3%. ,

Pour ces minijobs , pas de points retraite, ni d’allocation retraite,ni d’allocation chomage , ni Sécurité sociale , mais pas de cotisation à payer non plus…

-A 2 c’est mieux ???

Ce détenteur de job au rabais devra compter sur une compagne ou un compagnon pour assurer la sécurité financière de la famille…

Le profil type:une femme (à 60 %) , dont le mari a un emploi « qui assure » , qui permet de concilier travail à temps très réduit et présence auprès des enfants.

Il ne constitue pas un tremplin professionnel : 1 femme sur 7, après 7 ans de minijobs , décroche un poste à plein-temps.

Ce type de job permet d’arrondir les fins de mois , de « grapiller » quelques sous ,quand on est réfugiés ,récemment arrivés ,de maigres indemnités ,si l’on est chomeur,ou d’empocher un pécule, lorsque l’on est étudiant.

« Je lutte contre le déclin social,c’est une question de survie.. »dit cet homme de 53 ans.

Elles sont caissières ,employées dans une boutique,réceptionnistes…

-Mères de famille au foyer ,toujours le modèle macho à la DeuchQualitat

Ces emplois atypiques renforcent une vision patriarcale de la société ,où les femmes doivent s’occuper des enfants ,dans un cycle de dépendance économique.

Bilan économique de cette politique économique :

Le moteur de la création d’emploi en Allemagne, a été le développement du travail partiel des femmes.Dans le même temps , 1,1 million d’emplois à temps plein effacés et 4,8 millions d’emplois, à temps partiel (75% de femmes).

Les femmes sont passées ,il y a 20 ans,de 1/3 à 50% à temps partiel , et surtout chez les moins qualifiées.

Conclusion :

Pour parfaire ce « beau modèle », la Loi dite Hartz IV » a bien aidé à la précarisation globale, en encadrant plus les chomeurs, ramenant le versement des allocations de l’assurance chômage à un an , au lieu de deux.

Selon l’OCDE , l’Allemagne est l’un des pays où les inégalités se sont le plus creusées dans les années 2000 : 8,9% des salariés étaient pauvres en 2015 , contre 5,9% en France , 1,8% en Finlande.

L’ALLEMAGNE souffre de ses infrastructures collectives peu entretenues, un investissement public inférieur , depuis 2000 , à l’usure des équipements.

En étouffant la demande intérieure,elle a ,surtout, encouragé la forte croissance extérieure , et entraîné une trop faible inflation.

C’est seulement en 2016, que Merkel a emprunté au modèle français, si décrié,un SMIC…

Gilles Perret

Insoumis de la Vallée de l’Ouche

Source de l’article:Alternatives Economiques n° 371 septembre 2017

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